L'HYDROCEPHALIE
DE L'ENFANT
Hydrocéphalie
: accumulation liquidienne intracrânienne. On groupait
autrefois sous ce terme tous les épanchements
liquidiens, anormaux par leur abondance ou par leur
siège, et se trouvant à l'intérieur du
crâne. On parle ainsi
d'hydrocéphalie
externe (épanchement
sous-dural ou extra-dural),
d'hydrocéphalie
passive (excès de liquide
céphalo-rachidien lors des atrophies
cérébrales) ou
d'hydrocéphalie
active en cas d'augmentation anormale
du périmètre crânien.
- Mécanisme. Le liquide
céphalo-rachidien (L.C.R.)
est sécrété par des formations
situées dans les ventricules latéraux du
cerveau et le quatrième ventricule
(plexus
choroïde). Il forme ainsi
le compartiment liquidien intra-cérébral
qui remplit les deux ventricules latéraux, le
troisième et le quatrième ventricule
communiquant respectivement entre eux par les trous de
Monro et l'aqueduc de Sylvius. Ce compartiment
cérébral s'ouvre à
l'extérieur du cerveau par les fentes de Luschka
et le foramen de Magendie pour fournir le L.C.R.
situé autour du cerveau, du cervelet et de la
moelle épinière, isolant ces
différentes structures de leur enveloppe osseuse.
Au niveau de la convexité du cerveau, le
L.C.R.
est peu abondant, formant une couche mince. En temps
normal, c'est là qu'il serait
résorbé. Il s'accumule par contre dans
l'étui rachidien et à la base du
crâne pour constituer des lacs ou des citernes.
Actuellement, le terme d'hydrocéphalie est
réservé aux seules dilatations des
ventricules cérébraux dues à une
accumulation du L.C.R. sous tension. On distingue deux
grandes variétés d'hydrocéphalies
:
- l'hydrocéphalie
communicante,
où existe un L.C.R. sous tension dans tous les
espaces et cavités médullaires
ou cérébrales ; elle est parfois due
à un excès de sécrétion ou
à un défaut de résorption
à la surface du cerveau, mais elle est le plus
souvent occasionnée par une gêne
incomplète de la circulation du L.C.R. au
niveau des citernes,
- l'hydrocéphalie
bloquée ou
obstructive,
ainsi nommée parce qu'elle est due à une
accumulation isolée du L.C.R. dans le
système ventriculaire à la faveur d'un
obstacle au niveau de l'aqueduc de Sylvius, des trous
de Monro, des fentes de Luschka ou du foramen de
Magendie.
- Signes cliniques
- HYDROCEPHALIE
CONGENITALE
Elle peut
apparaître pendant la période foetale,
provoquant une augmentation de poids et de volume
intempestifs de la mère, un hydramnios
et une dystocie
lors de l'accouchement. Souvent l'hydrocéphalie ne
devient évidente que lors des premières
semaines de la vie. Le crâne est
disproportionné, élargi, avec des bosses
frontales et pariétales très saillantes
contrastant avec un visage menu. La racine du nez est
large, les yeux écartés avec un regard "en
coucher de soleil". La peau du crâne est mince,
pâle, sillonnée de veines bleues, et les
fontanelles largement béantes.
En l'absence de possibilités
thérapeutiques, l'évolution se fait vers
une augmentation progressive du périmètre
crânien, avec exagération des
déformations crânio-oculaires, absence de
développement psycho- moteur et mort survenant en
général par infection intercurrente.
Dans certains cas particuliers, l'hydrocéphalie,
dont l'évolution se fait souvent par
à-coups, cesse de croître, ne laissant
qu'une disgrâce physique, comme chez
Mirabeau.
Ces hydrocéphalies congénitales sont le
plus souvent causées par une malformation
cérébro-méningée, comme
l'imperforation des orifices cérébraux.
Cette dernière peut être associée ou
non à un spina-bifida.
Elle provient parfois aussi d'une infection comme la
toxoplasmose
ou d'une hémorragie méningée
anténatale. Certaines hydrocéphalies sont
sans cause connue.
Elle ne diffère de la
précédente que par son âge de
survenue. Chez le nourrisson, aux os du crâne
encore malléables, elle est absolument identique
à l'hydro- céphalie congénitale, des
manifestations propres à la maladie causale, et
survenant à distance de la période
néo-natale. Chez l'enfant, lorsque les fontanelles
sont soudées, l'hydrocéphalie provoque
aussi une augmentation de volume du crâne, mais
lente, et qui n'apparaît qu'aux mensurations
répétées du périmètre
crânien. Elle se traduit avant tout par des
déformations radiologiques des os, et par des
signes nerveux et oculaires d'hypertension
intracrânienne. Les causes les plus
fréquentes d'hydrocéphalie sont les
affections méningées, les séquelles
d'hémorragie
cérébro-méningée du
nouveau-né, et surtout les méningites
purulentes. Plus rarement, et notamment dans les
hydrocéphalies obstructives,
il peut s'agir d'une tumeur
intra-cérébrale.
- Traitement
- Le traitement de
l'hydrocéphalie, lorsqu'il n'est pas rendu
inutile par l'importance des altérations
cérébrales, consiste à assurer
une dérivation au L.C.R.
accumulé en excès dans les ventricules
(hydrocéphalie
obstructive) ou dans
l'ensemble des espaces qu'il remplit (hydrocéphalie
communicante).
- A l'intérieur du
crâne, on peut pratiquer l'ouverture de la lame
sous-optique (sous les couches optiques ou thalamus),
ce qui ouvre directement la partie antérieure
du troisième ventricule dans les espaces
arachnoïdiens,
cette intervention étant indiquée dans
les hydrocéphalies
bloquées.
- A l'extérieur du
crâne, en cas d'hydrocéphalie
communicante, on peut faire une dérivation du
L.C.R. (par ouverture des méninges) dans le
tissu sous-cutané de la nuque, dans l'espace
rétropérinéal,
dans un uretère ou même (intervention la
plus utilisée actuellement) dériver
directement le L.C.R. dans l'oreillette droite du
coeur par un cathéter en plastique.
- Conséquences
obstétricales de l'hydrocéphalie du
foetus
L'évolution de la grossesse
n'est pas troublée, et le diagnostic ne peut
qu'être suspecté par l'examen physique. La
radiographie est indispensable pour confirmer ou
découvrir cette anomalie.
Dans le cas de présentation
céphalique, la tête ne peut s'engager, et,
en l'absence de traitement, pourrait entraîner la
rupture de l'utérus par élongation du
segment inférieur. Dans le cas de
présentation du siège, l'accouchement du
siège se fait facilement, mais la tête peut
rester retenue. Le traitement s'oriente vers des
opérations foetales mutilatrices par les voies
naturelles, la césarienne étant à
rejeter.
D'ap. Nouveau Larousse
Médical,
Larousse, 1986, p. 500-501.
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